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Revue de presse

La fac, ce n’est plus un cours magistral adressé à une cohorte anonyme et concurrente. L’étudiant est de plus en plus sollicité pour faire éclore sa personnalité, travailler en groupe et s’engager ! Exemple à la fac de droit. Article publié dans l’Est Républicain

Un ange passe les ailes taguées de points d’interrogation. Émoi dans l’amphi. Prêts à encaisser leur premier cours magistral de droit constitutionnel, 450 étudiants se retrouvent bien embarrassés. Qu’attend-on de moi ? Que répondre à ce drôle de zig en nœud pap’ qui, en guise d’accueil, n’a pas ajouté une syllabe de plus que ce bref : « Allez-y ! »

Ce n’est pas un cours, ni un jeu mais un peu des deux, une matinée d’intégration où les étudiants sont confrontés à eux-mêmes et à leur façon d’apprendre. Seule solution se tourner vers ses voisins.

Après un premier essai en 2015, l’UFR Sciences juridiques économiques politiques et de gestion (SJEPG), conquis, a remis ça cette année. Loin des clichés liés à la matière du droit, on est, ici, très loin d’être « coincés » sur le plan pédagogique. « L’année prochaine, nous allons probablement l’étendre la formule à l’ensemble de nos trois promos, soit 800 étudiants », sourit Catherine Tirvaudey, la directrice de l’UFR SJEPG. Christophe Lang et Christophe Brignot, respectivement directeurs des études et de la pédagogie approuvent : « cela fait du bien à nos gosses d’être bousculés. Les mettre en situation anormale les amène à développer un esprit critique et à travailler ensemble… »

Un des premiers facteurs d’échec en première année de droit est en effet « l’isolement. On a trouvé ça intéressant d’offrir ce terrain de jeux à l’équipe de Talent campus, organisateur de ce kick off (coup d’envoi). Nos étudiants arrivent avec une attitude hyper scolaire, très consommateurs et pas assez acteurs de leur formation. Ils attendent qu’on leur apprenne tout. Alors on met l’accent d’entrée de jeu sur la nécessité du travail collectif ! »

« L’effort et le par cœur ne suffisent pas »

Et il y a urgence à empoigner les bonnes méthodes de boulot. « Beaucoup de nos étudiants viennent car ils n’ont aucune idée de ce qu’il y a à faire. On en perd 10 % dans les trois premières semaines pour un taux de réussite de 40 % à l’examen ! » Le droit « est une matière technique qui nécessite un raisonnement scientifique. Ils n’appréhendent pas le travail universitaire et manquent d’autonomie. Lors de cette expérience de rentrée ils sont déstabilisés et doivent mobiliser aussitôt leurs capacités d’adaptation. L’effort et le par cœur ne suffisent pas, il faut apprendre à apprendre et mobiliser son attention sur l’essentiel. »

Frédéric Muyard, vice-président de l’UFC, souhaite lui aussi voir ces kicks off se généraliser à toutes les disciplines. « C’est une façon d’accompagner les étudiants vers l’autonomie et la prise de conscience de leur projet. » Et, si la fac de droit a été choisie pour les tester c’est qu’on aime y conduire « des opérations un peu bizarres » pour aider les étudiants à se désinhiber car « la seconde cause d’échec c’est le manque de confiance en soi. »

Mises en situation dans des associations à travers la « Clinique du droit », gros programme de conférences, baby-foot, espace de co-working, et même « cours inversé » où celui-ci est communiqué avant le rendez-vous dans l’amphi pour y être, le jour J, approfondi et discuté…

« Il y a une prise de risque à innover mais si le système est inerte, c’est difficile de demander à nos étudiants de s’agiter. Quand ils sont entre eux, on voit qu’ils ont un espace d’expression qui n’est pas celui qu’ils ont en dans l’amphi » Bref, l’objectif est de les inciter à se lâcher, à ne pas avoir peur de poser des questions. « Plus ils s’impliquent, plus ils réussissent ! »

Post Author: Clinique du droit

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